Sur le Rocher, « Loulou » Djighaly ne pouvait rêver meilleur destin ! (L'Indicateur) - SCH - Club de football à Hazebrouck depuis 1907

Sur le Rocher, « Loulou » Djighaly ne pouvait rêver meilleur destin ! (L’Indicateur)

      18 septembre 2014
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      Le destin, on y croit ou pas. Jean-Louis Djighaly, lui, doit y croire. Car depuis août dernier, il est officiellement l’entraîneur général de l’AS Monaco Foot Féminin.

      Article à retrouver sur l’Indicateur.

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      Jamais il n’aurait imaginé ça un jour, quand il vivait à Hazebrouck, avant de s’expatrier sur la Côte d’Azur, du côté de Nice… Retour sur le parcours incroyable de « Loulou ».
      Jean-louis Djighaly, dit « Loulou », est né un jour de mars 1982 au Sénégal. Avec ses parents, il arrive en France, en région toulousaine, alors qu’il n’a que 5 ans. Un an plus tard, il débarque à Hazebrouck. Très vite, Loulou se met au foot.
      A 7 ans, il joue chez les Cheminots d’Hazebrouck (ASCH) ; « j’habitais au quartier Foch ». Il est joueur de champ jusqu’à 15 ans, puis devient gardien de but. « J’étais fan du Parisien Bernard Lama ! C’est lui qui m’a donné envie d’être au but !, nous raconte-t-il. Cela a surpris tout le monde au début, car j’étais pas mal comme joueur… » A 17 ans, Saint-Omer le recrute… en tant que gardien. Un an plus tard, il prend la direction de l’autre club hazebrouckois, le SCH. Là, il est forcé d’arrêter une année à cause d’un traumatisme crânien à la suite d’un choc avec un poteau lors d’un match. Obligé de faire une pause, il décide à 19 ans de se lancer dans l’aventure d’entraîneur ; il ne le regrettera pas. « J’ai commencé avec les débutants, pour voir comment c’était et finalement, ça m’a plu », se souvient Loulou, qui enchaîne les examens et les diplômes. Il s’occupe des débutants, des poussins pour finir avec les U13, en 2010. Un peu avant ça, il commençait à rejouer, dans les buts. Un jour, Philippe Lemettre le prend pour le dernier match de la première saison de CFA2, face à Amiens. « C’était pour me remercier de la saison faite avec les U13, explique-t-il. Et comme j’allais de temps en temps au but lors des entraînements, pour dépanner, il m’a proposé de continuer à être gardien. » Loulou fait alors les préparations estivales et intègre le groupe CFA2, durant deux saisons. En juin 2011, il signe pour une pige de six mois à Poperinghe (Belgique), avant de finir la saison… au Sporting. Et surtout, avant de partir à Nice où une nouvelle vie va commencer pour lui…

      Les charmes niçois
      « J’avais toujours voulu vivre dans le sud ! Je comptais aller vivre à Montpellier mais ma petite amie de l’époque n’avait pas de poste (de travail, ndlr).
      Donc, elle est allée à Nice, je l’ai suivie. » C’est comme ça que Loulou a atterri à Nice, fin 2012. Nice et sa Promenade des Anglais, entre autres, ont fini par séduire le Flamand. A tel point qu’il ne penserait plus remonter dans ch’nord ! « J’ai trouvé une région super accueillante ! J’ai aimé la culture, le fait d’être proche de la mer, de la montagne, de l’Italie… » Et le soleil, alors ! « On a 345 jours d’ensoleillement dans l’année ! Il fait minimum 10 degrés ici ! » rit-il, nargueur. Ça change du Nord, c’est sûr. Jean-Louis se sent comme un Niçois pure souche.
      Même expatrié à l’autre bout de la France, Loulou continue de taquiner le ballon rond. Il jouait à la Trinité (DHR), un club niçois. Et aujourd’hui, il évolue à Roquebrune Cap Martin (PH). Mais cela ne l’empêche pas de vivre son rêve, à quelques kilomètres de là…

      Occasion saisie
      Devenir footballeur de haut niveau, Loulou sait qu’il peut faire une croix dessus. Du coup, il décide de se remettre à sa « première passion », qu’est d’entraîner. « Car à Hazebrouck, cela a vraiment été un coup de coeur pour moi ! » Il postule alors à Nice, Cannes, Monaco… « Un jour, j’ai eu un contact comme quoi Monaco cherchait un coach pour l’équipe féminine », évoque-t-il, lui qui souhaitait au départ s’occuper des jeunes jusqu’à 15 ans. « Et là, on m’a proposé les féminines ! J’ai dit « oui, pourquoi pas, c’est un beau petit challenge », nous raconte-t-il. Un challenge qui est de propulser les féminines monégasques en D2 d’ici 7-8 ans ! Seize prétendants postulent à ce poste, seulement deux sont retenus, dont Loulou. « Je suis parti en entretien avec les responsables. On a discuté, ils m’ont présenté leurs projets, leurs attentes. Ensuite, ils me demandent si ça m’intéresse de rester au dernier entraînement. Après, je suis allé manger avec l’équipe, et à la sortie, ils m’ont dit qu’ils me prenaient. » Début août 2014, Jean-Louis Djighaly devenait officiellement l’entraîneur général de l’AS Monaco Foot Féminin. Incroyable. Un rêve vient alors de se réaliser. « J’étais fou de joie car c’était vraiment ce que je voulais, intégrer un club de foot, et Monaco était un de mes objectifs ! » L’an passé, il n’avait pas eu de réponse positive… « Je n’avais jamais imaginé en arrivant ici entraîner à l’AS Monaco Foot Féminin ! Plus dans un club comme Hazebrouck ou un autre du Nord !, rit-il. L’occasion s’est présentée, j’ai sauté dessus. » Désormais, et pour cinq ans, Loulou s’occupe des seniors féminines et du football à 7 de l’ASM Foot Féminin. Il doit « être présent aux entraînements », « superviser la coach » et un week-end par mois, et aller voir les matches, « voir comment ça se passe. ». Aussi, il devrait intervenir dans les écoles monégasques à l’heure du midi pour promouvoir le foot féminin. Même si du côté de Monaco, on attend avant d’en faire les échos, sportivement : « les filles sont un peu mises de côté pour l’instant. Ils attendent qu’elles soient plus performantes, qu’elles soient en D2 ou D1 avant d’en parler… », révèle-t-il.

      « Heu-reux ! »
      Le foot féminin est-il différent de celui des garçons ? « Il y a une très grande différence ! Elles n’ont pas la même vision du foot. Elles sont passionnées mais relativisent plus sur certains points. Quand les garçons perdent, ils sont dégoûtés. Elles, elles relativisent plus, prennent plus de recul. Mais elles restent de grandes passionnées de football, j’en étais étonné ! », précise le professionnel, qui a déjà de bons a priori sur ses protégées : « en tournoi de préparation à Megève, j’ai vu que j’avais vraiment un groupe. J’étais agréablement surpris, c’était au-delà de mes espérances ! On a réussi à finir troisième, en ne perdant qu’un seul match. » Première perf’. La patte de Loulou certainement… Le championnat féminin ne reprend qu’en octobre. Actuellement, les Monégasques évoluent au niveau en dessous de celui de la Division honneur (DH). L’objectif de la saison : accéder en DH… avant la D2.
      Alors pour celles et ceux qui connaissent un peu plus Jean-Louis Djighaly, ils savent que son club de coeur est le Paris-Saint-Germain. Alors, pas trop dur de travailler sous les couleurs du club rival en Ligue 1 ? « Si !, reconnaît-il. Mais dans le club, il y a des filles qui sont aussi fans du PSG ! » Il précise cependant : « aux entraînements, on fait la part des choses : on est à l’AS Monaco, nos couleurs sont ceux de l’AS Monaco… On reste très pro. Quand j’entraîne, ce sont les féminines de Monaco ». A tel point qu’il supporte aussi aujourd’hui les pros de Ligue 1. Paris-Saint-Germain, Monaco… Loulou aime les deux. Car sur le Rocher, l’expatrié est avant tout « très heureux » de son destin. Il le dit lui-même : « je ne pouvais pas rêver mieux ! ».

      Thomas Pruvost

      L’indicateur