La Coupe de France, ce n’est pas que du football. C’est aussi du spectacle. Ce samedi soir, malgré l’élimination du Sporting-club d’Hazebrouck (SCH) par des Dunkerquois qui jouent trois divisions au-dessus, plus de 1800 personnes ont vibré. Preuve de la belle aventure : des dizaines de personnes qui ont (re)découvert Damette.
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Ça sent la frite, la fumée de cigarette et la chaleur humaine. Sous le toit en tôles de la petite tribune, on plaisante, on s’interpelle. Coup d’envoi dans quelques minutes. Bruno regarde avec nostalgie un stade qu’il a connu quand il était « à peine plus haut que la barrière ». Aux grandes heures du SCH en D2. Des lustres qu’il n’a pas remis les pieds à Damette. Mais là, l’occasion était trop belle. « Ça n’a pas changé, souffle-t-il dans l’air froid. J’espère juste que Dunkerque va pas marquer tout de suite. »
C’est malheureusement ce qu’il se passe quelques minutes plus tard. Qu’importe. Pas de quoi refroidir tous ceux qui ont fait le déplacement, parfois de loin, par amour de l’esprit Coupe de France : voir des joueurs qui jouent avec leurs tripes, loin du foot business. Comme Ludovic, venu avec toute sa petite famille d’Aire-sur-la-Lys, qui découvre pour la première fois Damette. Et dans cette famille, même quand un Hazebrouckois est expulsé et que le match semble plié, on savoure.« Attendez, certains jouent le match de leur carrière, c’est les petits contre les gros, c’est amical, c’est sympa », discourt Ludovic avec passion.

Leur pote, Vasco Da Silva

Et ce n’est pas cette bande d’une dizaine de Lillois qui dira le contraire. Ils se sont fondus dans la masse bigarrée des Flamands qui invectivent l’arbitre et apostrophent les joueurs, mais c’est la première fois qu’ils viennent en Flandre. Pour encourager l’un de leurs copains… qui n’est autre que Vasco Da Silva, joueur du SCH ! « On ne s’attendait pas à ça : un grand stade et un beau terrain, avec des supporters motivés, raconte Ambroise. La Coupe de France, c’est bien pour l’esprit, c’est des amateurs mais un peu des héros ! »
À l’image du groupe des jeunes supporters, qui s’est époumoné pendant 90 minutes, les joueurs ont tout donné à 10 contre 11. Au dernier corner en faveur d’Hazebrouck, le stade gronde.
Coup de sifflet final. L’aventure s’arrête là mais une chose est sûre, c’était une belle aventure.

Les échos du match

Chapeau les jeunes !
Pendant tout le match, ils n’ont quasiment pas repris leur souffle: les jeunes du SCH, dans un coin de la tribune, munis de tambours et trompettes, ont sauté et entonné tout ce que compte le répertoire festif et sportif (On a entendu Les Sardines, Les Corons, Y a du soleil et des nanas, etc). Ils ont mis une sacrée ambiance.
Haie d’honneur
La Coupe de France, c’est aussi l’occasion de voir de beaux gestes de fair-play : comme celui des Dunkerquois qui ont fait une haie d’honneur aux Hazebrouckois à la fin du match. Ces derniers leur ont souhaité une bonne continuation dans la compétition.
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Le beau rêve s’est brisé contre le bloc dunkerquois…

Hazebrouck était si proche. Si près d’un bon coup en Coupe de France, elle qui ne brille pas en championnat de Division Honneur. Mais les Dunkerquois solides, sérieux et appliqués en début de rencontre, ont su prendre le dessus, à la fois dans le jeu et sur le plan comptable, face à des Hazebrouckois pas encore rentrés dans la partie.
C’est donc assez logiquement que les pensionnaires de National ont ouvert la marque sur leur première occasion. Romain Bayard reprenait un centre de Malik Tchokounte pour loger le ballon au fond des filets de Corentin Gomez (0-1,7e). Après un exercice d’attaque-défense, il fallait attendre la 20e minute pour voir le SC Hazebrouck sortir de sa coquille et une première frappe d’Histar Musuamba qui ne trouvait pas le cadre des buts de Florian Verplanck. Déterminés dans le pressing, les Dunkerquois ne permettaient guère aux Hazebrouckois de se montrer dangereux. Et comme les attaquants de l’USLD se trouvaient bien, les Hazebrouckois étaient poussés à la faute. L’expulsion de Romaric Poix juste avant la pause pour un second avertissement en moins de dix minutes ne leur a pas facilité la tâche. C’était sévère pour les Hazebrouckois qui allaient devoir jouer quarante-cinq minutes réduits à dix.
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En seconde période, loin d’être abattus, les hommes de Frédéric Persoon ont confirmé cette volonté farouche de rester dans le match. Malgré tous leurs efforts, les Hazebrouckois ne sont pas parvenus à égaliser mais quittent la Coupe de France sans avoir démérité.
De quoi donner des regrets à Frédéric Persoon : « Ce soir, la déception est grande. Je suis déçu et les joueurs sont déçus. Dunkerque mérite sa qualification même si je regrette l’expulsion de notre joueur, ce qui a faussé la suite de la rencontre. Certes, cette élimination n’a pas valeur de catastrophe, on savait que cela allait arriver un jour, mais il nous faut maintenant très vite tourner le page et rebondir en championnat » Il est vrai qu’avec cette expulsion, c’en était fini des espoirs des Hazebrouckois. Trois divisions d’écart, le fossé était déjà très difficile à combler, alors réduits à dix, c’était mission impossible.

SC HAZEBROUCK – USL DUNKERQUE : 0-1 (0-1).

La Voix du Nord

PAR RAPHAËLLE REMANDE ET PATRICK PATOU (CLP)